Avertissement : ce texte est fourni à titre purement informatif et s’appuie sur des sources publiées. Les produits Arion Bios sont destinés exclusivement à un usage de laboratoire et de recherche. Ils ne sont ni un médicament ni un complément alimentaire et ne sont pas destinés à être utilisés chez l’homme ou l’animal.

Un certificat d’analyse décrit l’état d’un peptide le jour où il a été testé. Que le contenu du flacon y corresponde encore le jour de l’expérience dépend en grande partie de sa conservation. Les peptides sont des molécules sensibles. La chaleur, l’humidité, la lumière ou des congélations répétées peuvent les dégrader progressivement, souvent sans changement visible.

Ce guide résume ce que disent les revues scientifiques et les guides techniques des fournisseurs de peptides de laboratoire sur la conservation des peptides. Des recommandations générales ne remplacent toutefois pas les instructions d’un produit précis. C’est pourquoi nous décrivons séparément la conservation des produits Arion Bios.

Pourquoi les peptides se dégradent

Un peptide est une courte chaîne d’acides aminés reliés par des liaisons peptidiques. Ces liaisons et les groupes latéraux des acides aminés peuvent réagir avec l’eau, avec l’oxygène ou entre eux. La littérature distingue l’instabilité chimique, où des liaisons covalentes se forment ou se rompent, et l’instabilité physique, où la forme et le comportement des molécules changent. Les principales voies de dégradation sont les suivantes :

  • Hydrolyse – l’eau coupe la liaison peptidique. La vitesse de la réaction dépend fortement du pH.
  • Oxydation – les acides aminés soufrés, la méthionine (Met) et la cystéine (Cys), s’oxydent le plus facilement. Les acides aminés aromatiques comme le tryptophane (Trp) sont également sensibles. L’oxydation est favorisée par l’oxygène, des traces de métaux et la lumière.
  • Désamidation – l’asparagine (Asn) et la glutamine (Gln) perdent leur groupe amide. Pour la glutamine, la réaction est nettement plus lente. Sa vitesse dépend surtout du pH et de la température.
  • Agrégation – les molécules s’agglomèrent. Elle est plus fréquente à concentration élevée. La congélation, le chauffage ou l’agitation peuvent aussi la provoquer.
  • Adsorption – une partie du peptide se fixe sur la paroi du récipient. Cela dépend du matériau de l’emballage et de la composition du peptide.

Une température plus élevée accélère la plupart de ces réactions. C’est pourquoi les peptides sont en général stockés et transportés au froid. L’humidité, la lumière et le pH jouent aussi un rôle. Pour les solutions s’ajoute le risque de contamination microbienne. La voie de dégradation dominante dépend surtout de la composition et de la séquence en acides aminés. Bachem indique par exemple que les peptides contenant Asn, Gln, Met, Cys ou Trp ont une durée de conservation limitée.

Poudre lyophilisée : la forme la plus stable

La lyophilisation est un séchage par congélation. Le peptide est congelé, puis l’eau est éliminée sous vide. On obtient une poudre sèche ou un « gâteau » compact au fond du flacon. Sans eau, les réactions qui en ont besoin, comme l’hydrolyse, ralentissent fortement. En développement pharmaceutique, les protéines sont donc souvent transformées en forme solide pour atteindre une durée de conservation acceptable. Même à l’état solide, elles ne sont cependant pas stables indéfiniment.

Les fournisseurs de peptides de laboratoire donnent des règles similaires pour le lyophilisat :

  • À long terme au congélateur. Sigma-Aldrich recommande −20 °C, et de préférence −80 °C pour un stockage prolongé. Bachem indique moins de −15 °C, idéalement −50 °C ou moins. Selon GenScript, la plupart des peptides lyophilisés restent stables plusieurs années à −20 °C.
  • À court terme au réfrigérateur. Bachem admet un réfrigérateur à 4 °C pour un usage de courte durée. Sigma-Aldrich précise que certains peptides sont stables à 4 °C.
  • Au sec et bien fermé. Les peptides sont souvent hygroscopiques, c’est-à-dire qu’ils captent l’humidité de l’air. L’eau absorbée réduit la teneur en peptide d’une quantité pesée et peut diminuer la stabilité. Les peptides contenant Asp, Glu, Lys, Arg ou His y sont particulièrement sujets.
  • Laisser revenir à température ambiante avant ouverture. Un flacon fermé sorti du froid doit d’abord atteindre la température ambiante, idéalement dans un dessiccateur. Sinon, l’humidité de l’air se condense sur la poudre froide.
  • À l’abri de la lumière vive. GenScript recommande de conserver le lyophilisat à l’abri d’une lumière intense.

Ces valeurs proviennent de guides pour des peptides de recherche synthétisés sur mesure. Elles décrivent la pratique générale de laboratoire, pas les conditions d’un produit fini précis.

Peptides en solution : une durée de conservation plus courte

Ce groupe comprend les stylos préremplis ainsi que tout peptide dissous au laboratoire. Dans l’eau, l’hydrolyse, la désamidation et l’agrégation peuvent se produire, et une solution est donc moins stable qu’une poudre. GenScript indique que la durée de conservation des peptides en solution est très limitée. Bachem déconseille le stockage prolongé des solutions. Thermo Fisher ajoute que plus la concentration est faible, moins la solution est stable.

  • Réfrigération à 2–8 °C. Selon le guide général de Sigma-Aldrich, les solutions peptidiques se conservent en règle générale au maximum environ une semaine à 4 °C. Les solutions de peptides contenant Asn, Gln, Cys, Met ou Trp sont moins stables.
  • Protection contre la lumière. De nombreux peptides sont sensibles à la lumière. L’oxydation induite par la lumière touche surtout les acides aminés aromatiques.
  • Pas de congélations et décongélations répétées. Chaque cycle sollicite le peptide, et la congélation elle-même peut provoquer une agrégation. Au laboratoire, une solution destinée à être conservée plus longtemps est donc répartie en portions à usage unique (aliquotes), afin que chacune ne soit décongelée qu’une fois.
  • Travail stérile. Les fournisseurs recommandent de l’eau ou des tampons stériles, le port de gants et, le cas échéant, une filtration sur filtre de 0,2 µm pour éviter l’entrée de bactéries dans la solution.

Produits Arion Bios : suivez l’étiquette, ne congelez pas

Les recommandations ci-dessus proviennent surtout de fabricants de peptides sur mesure, pour qui la congélation d’aliquotes est une routine de laboratoire. Pour les produits Arion Bios, ce sont les instructions fournies avec le produit et sur l’emballage qui s’appliquent :

  • conserver entre 2 et 8 °C,
  • protéger de la lumière,
  • ne pas congeler,
  • conserver dans l’emballage d’origine fermé.

Pourquoi les instructions d’un produit précis peuvent-elles différer des règles générales ? Les conditions de conservation figurant sur l’étiquette sont établies à partir d’études de stabilité de ce produit dans son emballage. La ligne directrice de l’Agence européenne des médicaments (EMA) sur les mentions de conservation décrit le même principe : pour les produits stables à 5 ± 3 °C, elle prévoit la mention « à conserver au réfrigérateur (entre 2 et 8 °C) », complétée si nécessaire par « ne pas congeler ». Les basses températures peuvent en effet provoquer des changements physiques dans certaines formes ou altérer l’emballage.

La règle est donc simple : l’étiquette et les instructions du produit concerné priment toujours sur les recommandations générales, y compris celles de cet article. Ne mettez donc pas les stylos préremplis ni les flacons Arion Bios au congélateur, même si les guides généraux de laboratoire prévoient la congélation. Si les conditions sont respectées, le produit reste stable pendant la durée indiquée sur l’emballage. Vous trouverez le certificat d’analyse de votre lot sur la page certificats d’analyse, grâce à la date de fabrication imprimée sur l’emballage.

La chaîne du froid pendant le transport

La chaîne du froid signifie qu’un produit reste dans la plage de température prescrite tout au long du parcours : en entrepôt, pendant le transport et après la livraison. Dans ses lignes directrices sur le stockage et le transport des produits sensibles à la température, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) définit la température de stockage comme la plage indiquée sur l’étiquette. Une excursion de température survient lorsque le produit est exposé à des températures hors de cette plage. C’est le fabricant qui détermine, à partir des données de stabilité, quelle excursion reste acceptable.

Une courte excursion n’a pas le même poids pour un lyophilisat et pour une solution. Sigma-Aldrich indique que les peptides lyophilisés sont expédiés à température ambiante et restent stables de quelques jours à quelques semaines. Thermo Fisher, à l’inverse, livre ses solutions peptidiques sur glace et recommande de les congeler dès réception. Une solution est tout simplement plus sensible à la température. Mais une poudre aussi doit, une fois arrivée, être placée dans les conditions fixées par son étiquette.

Notre façon de faire : nous conservons les produits au froid, expédions les commandes sous 24 heures les jours ouvrés et les emballons dans un emballage isotherme avec des pains de glace. Les délais de livraison par pays figurent sur la page Livraison et paiement, et d’autres informations pratiques dans notre guide des produits. À la livraison, nous recommandons de procéder ainsi :

  1. Récupérez le colis le plus tôt possible, surtout s’il attend dans un point relais.
  2. Déballez-le immédiatement et placez les produits au réfrigérateur (2–8 °C).
  3. Laissez-les dans leur emballage d’origine fermé et ne les mettez ni au congélateur ni dans le compartiment congélation.
  4. En cas de doute sur l’état de l’envoi, contactez-nous en indiquant la date de fabrication figurant sur l’emballage.

Lumière, emballage et signes d’un éventuel problème

La lumière peut déclencher une oxydation, en particulier dans les peptides contenant des acides aminés aromatiques. Pour les produits sensibles à la lumière, la ligne directrice de l’EMA prévoit une mention de conservation dans l’emballage d’origine ou dans l’emballage extérieur. La boîte n’est donc pas seulement un emballage de transport. Elle protège le contenu de la lumière : gardez-y les stylos et les flacons jusqu’à leur utilisation au laboratoire.

Lors d’un contrôle visuel courant, les changements suivants méritent attention :

  • Solution : trouble, flocons, particules visibles ou changement de couleur. Ils peuvent être liés à une agrégation, à une précipitation ou à une modification chimique.
  • Lyophilisat : gâteau rétracté ou effondré, masse collante ou liquéfiée, gouttelettes sur la paroi du flacon. L’aspect du gâteau ne suffit cependant pas à juger de la qualité. Certaines variations apparaissent dès la fabrication et n’affectent pas la qualité. Une poudre devenue humide est en revanche un motif de vigilance, car l’humidité réduit la stabilité.

De nombreuses modifications chimiques, comme la désamidation ou l’oxydation, ne sont pas visibles à l’œil nu. Seule une méthode analytique telle que la HPLC permet de les détecter. Si vous avez un doute sur l’état du matériel, ne l’utilisez pas pour une expérience et contactez le fournisseur.

Aperçu rapide

Recommandations générales des fournisseurs de peptides de laboratoire. Les numéros renvoient à la liste des sources en fin d’article.

FormeSituationRecommandation générale typeSource
LyophilisatStockage à long termeCongélateur, −20 °C ou moins (−80 °C ou moins de −15 °C sont aussi cités)3, 5, 6
LyophilisatStockage à court termeRéfrigérateur, environ 4 °C3, 5
LyophilisatTransportSupporte en général la température ambiante de quelques jours à quelques semaines4
LyophilisatOuvertureLaisser d’abord le flacon fermé revenir à température ambiante3, 5, 6, 7
SolutionConservation à court termeRéfrigérateur, de l’ordre de quelques jours, en général au maximum environ une semaine3, 7
SolutionConservation prolongée au laboratoireAliquotes à usage unique, pas de congélations et décongélations répétées3, 5, 6, 7
SolutionManipulationProtéger de la lumière, travailler en conditions stériles6, 7
Produits Arion Bios (stylos et flacons)Toujours2–8 °C, à l’abri de la lumière, ne pas congeler, dans l’emballage d’origine fermé. Suivez l’étiquette.Instructions du produit

Questions fréquentes

Combien de temps un peptide se conserve-t-il au réfrigérateur ?

Cela dépend du peptide, de sa forme et de son emballage. Pour les produits Arion Bios, c’est la durée de conservation indiquée sur l’emballage qui s’applique, à condition que le produit soit conservé entre 2 et 8 °C selon l’étiquette. La littérature générale sur les peptides de laboratoire indique que le lyophilisat peut être gardé au réfrigérateur à court terme (Bachem) et que les solutions peptidiques courantes se conservent en règle générale au maximum environ une semaine à 4 °C (Sigma-Aldrich). Ces valeurs indicatives ne s’appliquent pas aux produits finis disposant de leurs propres données de stabilité.

Puis-je congeler un peptide pour qu’il se conserve plus longtemps ?

Au laboratoire, les peptides lyophilisés sur mesure et les aliquotes de solutions sont couramment conservés congelés. Ne congelez toutefois pas les produits Arion Bios. Leurs instructions prescrivent 2–8 °C, et l’étiquette prime sur les recommandations générales.

Est-ce un problème si le colis est resté quelques heures hors du réfrigérateur ?

Nous expédions dans un emballage isotherme avec des pains de glace, qui protège le contenu des variations de température pendant le transport. Selon l’OMS, c’est le fabricant qui décide, à partir des données de stabilité, si une excursion est acceptable. Le lyophilisat est en général moins sensible aux courtes excursions qu’une solution. L’essentiel est de placer le colis au réfrigérateur dès réception. S’il est resté nettement plus longtemps hors du froid, contactez-nous.

Peut-on voir à son aspect qu’un peptide est altéré ?

En partie seulement. Un trouble, des particules ou un changement de couleur d’une solution sont des signaux d’alerte. Mais de nombreuses modifications chimiques sont invisibles et n’apparaissent qu’à l’analyse. À l’inverse, toute variation d’aspect d’un lyophilisat ne signifie pas une qualité moindre.

En résumé

La chaleur, l’humidité et la lumière accélèrent la dégradation des peptides. La poudre lyophilisée est en général plus stable qu’une solution et supporte mieux une courte excursion de température. Les solutions, y compris dans les stylos préremplis, nécessitent une réfrigération constante et une protection contre la lumière. Pour les produits Arion Bios, c’est toutefois toujours l’étiquette qui décide : 2–8 °C, à l’abri de la lumière, ne pas congeler, emballage d’origine fermé.

Sources

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  2. Manning MC, Chou DK, Murphy BM, Payne RW, Katayama DS. « Stability of Protein Pharmaceuticals: An Update ». Pharmaceutical Research, 2010;27(4):544–575. DOI : 10.1007/s11095-009-0045-6
  3. Sigma-Aldrich (Merck). « Handling and Storage Guidelines for Peptides and Proteins ». Article technique : sigmaaldrich.com
  4. Sigma-Aldrich (Merck). « Synthetic Peptide Handling & Storage Protocol ». Protocole de laboratoire : sigmaaldrich.com
  5. Bachem. « Handling and Storage Guidelines for Peptides ». Knowledge Center : bachem.com
  6. GenScript. « Peptide Storage and Handling Guidelines » : genscript.com
  7. Thermo Fisher Scientific. « Important Information on your HeavyPeptides » (instructions de manipulation et de conservation des peptides AQUA) : thermofisher.com
  8. Wang W. « Lyophilization and development of solid protein pharmaceuticals ». International Journal of Pharmaceutics, 2000;203(1–2):1–60. DOI : 10.1016/S0378-5173(00)00423-3
  9. Organisation mondiale de la santé (OMS). « Model guidance for the storage and transport of time- and temperature-sensitive pharmaceutical products ». WHO Technical Report Series n° 961, annexe 9, 2011 : who.int
  10. Agence européenne des médicaments (EMA). « Guideline on Declaration of Storage Conditions ». CPMP/QWP/609/96/Rev 2, 2007 : ema.europa.eu
  11. Patel SM, Nail SL, Pikal MJ, Geidobler R, Winter G, Hawe A, Davagnino J, Rambhatla Gupta S. « Lyophilized Drug Product Cake Appearance: What Is Acceptable? ». Journal of Pharmaceutical Sciences, 2017;106(7):1706–1721. DOI : 10.1016/j.xphs.2017.03.014